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Herz — Desk International · · Résumé 30 s · Article 4 min
Plus de 70 000 personnes ont afflué dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, avant d'être rapidement renvoyées au Maroc, dans ce que le Guardian décrit comme une traversée de frontière de masse meurtrière. La crise met en lumière les liens diplomatiques étroits entre Rabat et l'administration Trump, alors que Washington a imputé l'incident au gouvernement espagnol sans évoquer le Maroc. Des analystes de l'International Crisis Group estiment qu'il existe des preuves suffisantes pour supposer une implication marocaine, mais aucun déclencheur clair n'a été établi.
Plus de 70 000 personnes ont soudainement afflué dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, avant d'en être rapidement renvoyées au Maroc. Le Guardian décrit cet épisode comme une traversée de frontière de masse meurtrière.
Le vice-président américain JD Vance et le département d'État américain ont imputé la crise au gouvernement socialiste du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, sans jamais mentionner le Maroc. Donald Trump a averti que l'élection de démocrates ferait paraître ce qui s'est passé en Espagne comme « du petit jeu ».
Les tensions entre Washington et Madrid sont antérieures à cet épisode : l'Espagne a refusé l'accès à ses bases aériennes lors de la « guerre contre l'Iran », rejeté l'objectif de dépenses de défense à 5 % fixé par les États-Unis, et critiqué les actions d'Israël à Gaza.
La crise survient dans un contexte de rapprochement marqué entre Rabat et Washington. Le roi Mohammed VI a nommé une autoroute d'un milliard de dollars, longeant le Sahara occidental — territoire non autonome de 266 000 km² en Afrique du Nord, ancienne colonie espagnole dont le statut juridique reste non réglé selon l'ONU depuis 1976 —, en l'honneur de Donald Trump.
En janvier 2026, le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita était présent aux côtés de Trump lors de la signature de la charte fondatrice du Conseil de la paix — organisation internationale proposée par Trump en septembre 2025 et créée le 15 janvier 2026, dont la mission est de promouvoir la stabilité et une paix durable dans les zones de conflit. Le Maroc est ainsi devenu le premier État africain à rejoindre ce conseil.
Trump a également envoyé un message de félicitations au roi Mohammed VI pour ses 27 ans de règne.
Lors du premier mandat de Trump, le Maroc avait normalisé ses relations avec Israël en échange de la reconnaissance américaine de sa souveraineté sur le Sahara occidental.
Un récent rapport du Congrès américain décrit Ceuta comme « administrée par l'Espagne » plutôt que comme partie intégrante du territoire espagnol — une formulation jugée favorable à la position marocaine. Ceuta est espagnole depuis 1580.
Riccardo Fabiani, directeur du projet Afrique du Nord à l'International Crisis Group, estime qu'il existe « assez de preuves pour supposer que le Maroc est derrière » la crise de Ceuta. Il souligne toutefois qu'« il n'y avait pas de déclencheur clair », ce qui « laisse tout le monde perplexe ».
Selon Fabiani, les forces de sécurité marocaines auraient surveillé des rumeurs en ligne sur une ouverture de la frontière espagnole et « décidé de ne rien faire pour voir où cela allait ». Il évoque également l'hypothèse que Rabat ait agi pour marquer des points auprès de l'administration Trump.
Le rapprochement récent de l'Espagne avec l'Algérie, rivale régionale du Maroc, a aussi été évoqué comme déclencheur possible. Fabiani juge néanmoins cette piste moins plausible que l'hypothèse d'un calcul orienté vers Washington.
Les illustrations de cet article sont générées par intelligence artificielle.
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Aucun déclencheur clair de la crise de Ceuta n'a été identifié à ce stade, selon l'International Crisis Group. L'éventuelle décision des forces de sécurité marocaines d'agir pour peser sur Washington reste, selon Fabiani lui-même, « impossible à démontrer ».
Oui, Ceuta est une enclave espagnole en Afrique du Nord depuis 1580. Un rapport récent du Congrès américain la décrit toutefois comme « administrée par l'Espagne » plutôt que partie intégrante du territoire — une formulation jugée favorable à la position marocaine, qui revendique la souveraineté sur ce territoire.
Le Conseil de la paix est une organisation internationale créée le 15 janvier 2026, proposée par Donald Trump en septembre 2025. Sa mission est de promouvoir la stabilité et une paix durable dans les zones touchées par un conflit. Le Maroc est le premier État africain à en être membre.
JD Vance et le département d'État américain ont imputé la crise à Pedro Sánchez sans jamais citer le Maroc. Cette position s'explique par les tensions persistantes entre Washington et Madrid — refus d'accès aux bases aériennes, désaccord sur les dépenses de défense, critiques des actions d'Israël à Gaza — et par les liens diplomatiques étroits entre les États-Unis et le Maroc.
Le Sahara occidental est un territoire de 266 000 km² en Afrique du Nord, ancienne colonie espagnole considéré comme non autonome par l'ONU. Son statut juridique reste non réglé depuis le départ des Espagnols en 1976. Lors du premier mandat de Trump, les États-Unis ont reconnu la souveraineté marocaine sur ce territoire.