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Suisse
Herz — Desk Suisse · · Résumé 30 s · Article 6 min
Le tribunal de Gênes doit rendre son verdict ce 15 juillet 2026 dans le méga-procès du pont Morandi, huit ans après l'effondrement du viaduc qui a tué 43 personnes le 14 août 2018. Cinquante-sept accusés — principalement des cadres d'Autostrade per l'Italia et de sa filiale d'entretien Spea Engineering — comparaissent au terme de 283 audiences sur quatre ans. Le parquet réclame plus de 400 ans de prison au total, dont 18 ans pour l'ex-directeur général Giovanni Castellucci. Les deux sociétés ont évité le volet pénal via un accord à l'amiable prévoyant 29 millions d'euros versés à l'État.
Le tribunal de Gênes doit rendre son verdict cet après-midi du 15 juillet 2026 dans le procès du pont Morandi. Quatre ans de procédure et 283 audiences — tenues sous un chapiteau érigé dans la cour du tribunal — ont été nécessaires pour instruire cette affaire.
Le pont Morandi, officiellement viaduc du Polcevera, a été inauguré en 1967 à Gênes sur la liaison autoroutière Italie-France. Conçu par l'ingénieur Riccardo Morandi pour l'autoroute des Fleurs (A10), il s'est effondré le 14 août 2018 sous une pluie battante. Des dizaines de véhicules ont été précipités dans le vide et 43 personnes ont été tuées.
Le procès rassemble 57 accusés. Ce sont principalement des cadres d'Autostrade per l'Italia (Aspi), concessionnaire et gestionnaire du principal réseau autoroutier italien. Comparaissent également des responsables de sa filiale Spea Engineering, chargée de l'inspection technique et de l'entretien des infrastructures autoroutières du groupe, ainsi que des agents du ministère des Infrastructures et des Transports.
Le parquet requiert un total de plus de 400 ans de prison pour les 57 accusés, poursuivis pour homicide involontaire, atteinte à la sécurité des transports et faux en écriture publique.
Seulement 12 accusés ont répondu aux questions des juges au cours du procès. 21 ont fait des déclarations spontanées.
L'accusé central est Giovanni Castellucci, directeur général d'Autostrade au moment des faits. Le parquet réclame 18 ans de prison à son encontre pour avoir, selon l'accusation, reporté les travaux de renforcement sur le pilier 9 du pont.
Son avocat, Giovanni Paolo Accinni, le présente comme un bouc émissaire : il affirme que Castellucci avait au contraire insisté pour que les travaux soient réalisés.
Castellucci est par ailleurs déjà emprisonné pour sa responsabilité dans un accident de 2013 : un autocar avait brisé les barrières d'un viaduc dans le sud de l'Italie et plongé dans le vide, tuant 40 personnes.
Selon les magistrats, aucune intervention de maintenance sur les câbles du pilier 9 n'a été réalisée entre l'inauguration du pont en 1967 et son effondrement 51 ans plus tard. Des travaux de renforcement avaient pourtant été effectués sur les piliers identiques 10 et 11.
Des travaux étaient également planifiés sur le pilier 9 — mais ils ont été reportés. Ce report, imputable à la direction d'Autostrade selon l'accusation, constitue le cœur des charges pénales.
La défense soutient que l'effondrement résulte d'un vice de construction caché : une corrosion des câbles du pont. Elle conteste que le manque d'entretien soit la cause déterminante de la catastrophe.
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Autostrade per l'Italia et Spea Engineering ont évité le banc des accusés via un accord à l'amiable avec le parquet. Elles ont versé 29 millions d'euros à l'État. Seuls leurs cadres dirigeants sont poursuivis à titre personnel.
Autostrade a par ailleurs versé plus de 60 millions d'euros d'indemnisations aux familles de victimes. Deux familles ont refusé ces versements.
Parmi elles, Egle Possetti, présidente du Comité des proches des victimes. Elle a perdu sa sœur, un neveu, une nièce et son beau-frère dans la catastrophe. En refusant l'indemnisation, elle a conservé la qualité de partie civile au procès.
Autostrade appartenait au groupe Atlantia, une holding privée italienne active dans les infrastructures autoroutières et aéroportuaires, contrôlée par la famille Benetton via la holding Edizione. Sous la pression de la classe politique et de l'opinion publique, la famille a cédé sa participation à l'État en mai 2022.
Un nouveau pont, conçu par l'architecte génois Renzo Piano, a été construit au-dessus d'un mémorial dédié aux victimes, à quelques kilomètres du tribunal. Il accueille désormais le trafic autoroutier dense de la liaison Italie-France.
Le verdict n'est pas encore connu à l'heure de la rédaction : il doit être prononcé dans l'après-midi du 15 juillet 2026. Les peines effectives pourraient différer des réquisitions du parquet. La part de responsabilité individuelle de chaque accusé reste à trancher par les juges.
La cause première de l'effondrement reste au cœur du débat judiciaire : défaut d'entretien sur le pilier 9 selon le parquet, vice de construction caché selon la défense. Les juges devront trancher entre ces deux thèses.
Il rassemble 57 accusés, a nécessité 283 audiences sur quatre ans et a dû se tenir sous un chapiteau érigé dans la cour du tribunal de Gênes, faute de salle assez grande.
Elles ont conclu un accord à l'amiable avec le parquet et versé 29 millions d'euros à l'État, évitant ainsi le volet pénal du procès. Seuls leurs cadres dirigeants sont poursuivis à titre personnel.
C'est le viaduc du Polcevera à Gênes, conçu par l'ingénieur Riccardo Morandi et inauguré en 1967. Il permettait à l'autoroute des Fleurs (A10) de franchir le val Polcevera sur la liaison Italie-France.
Il était directeur général d'Autostrade per l'Italia au moment de l'effondrement. Le parquet l'accuse d'avoir reporté les travaux sur le pilier 9. Il risque 18 ans de prison et est déjà emprisonné pour un accident de 2013 ayant tué 40 personnes.
Elle contrôlait Autostrade via le groupe Atlantia. Sous la pression politique et populaire, elle a cédé sa participation à l'État en mai 2022. Atlantia a depuis été rebaptisée Mundys.
