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Herz — Desk International · · Résumé 30 s · Article 4 min
Une étude espagnole publiée le 16 juillet 2026 dans la revue Science révèle que le lit asséché de la mer d'Aral a libéré 748 millions de tonnes de CO₂ depuis 1960 — l'équivalent des émissions annuelles cumulées de l'Espagne, de la France et de la Belgique. Quelque 605 millions de tonnes supplémentaires pourraient encore être rejetées dans l'atmosphère. Les chercheurs proposent de financer un remplissage partiel via des crédits carbone, estimés entre 3,1 et 15,8 milliards d'euros. L'assèchement des lacs, phénomène désormais mondial, constitue un risque climatique sous-estimé.
Une étude publiée le 16 juillet 2026 dans la revue Science, dirigée par Rafael Marcé du Centro de Estudios Avanzados de Blanes — un laboratoire affilié au CSIC, le principal organisme public de recherche en Espagne —, quantifie le bilan carbone du lit asséché de la mer d'Aral. L'équipe travaille depuis quinze ans sur le cycle du carbone dans les cours d'eau et lacs en voie d'assèchement.
Depuis 1960, cette ancienne étendue d'eau a libéré 748 millions de tonnes de CO₂, soit l'équivalent des émissions annuelles cumulées de l'Espagne, de la France et de la Belgique réunies.
Quelque 605 millions de tonnes supplémentaires pourraient encore être rejetées depuis ce site, soit plus du double des émissions annuelles de l'Espagne.
Quand un lac s'assèche, la disparition de la couche d'eau expose les sédiments au fond à l'oxygène atmosphérique. Des communautés microbiennes dégradent alors la matière organique accumulée et libèrent du CO₂ — transformant ainsi un puits de carbone en source émettrice.
Pour stopper ces émissions futures, l'équipe propose de les convertir en crédits carbone commercialisables — des certificats représentant une quantité de CO₂ non émise, échangeables sur des marchés dédiés. Leur valeur est estimée entre 3,1 et 15,8 milliards d'euros, une fourchette large en raison de l'absence de prix fixe sur ces marchés.
Ces revenus serviraient à financer le remplissage partiel de la mer d'Aral et à prévenir l'essentiel des 605 millions de tonnes de CO₂ encore en jeu.
La mer d'Aral, située entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, était autrefois le quatrième plus grand lac du monde. Elle a commencé à se réduire au début des années 1960, après que l'Union soviétique a détourné ses deux principaux fleuves nourriciers pour irriguer des cultures de coton.
Aujourd'hui, moins de 10 % de sa superficie originelle subsiste. Le reste est devenu un désert salé.
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Rafael Marcé avertit que d'autres zones lacustres sont menacées. Selon lui, le nord de la mer Caspienne — incluant le delta de la Volga — est appelé à s'assécher, représentant environ quatre fois la superficie de la mer d'Aral.
De nombreux autres lacs sont déjà en cours d'assèchement : le Grand Lac Salé et le Salton Sea aux États-Unis, le lac Urmia en Iran, le lac Tchad, le lac Poopó en Bolivie, la lagune Mar Chiquita en Argentine et le lac Rukwa en Tanzanie.
La fourchette de valorisation des crédits carbone (3,1 à 15,8 milliards d'euros) est particulièrement large : les prix sur les marchés du carbone ne sont pas fixés de manière uniforme, comme le précise l'étude elle-même.
Par ailleurs, la définition vérifiée du terme « crédits carbone » fournie par les sources de cette édition s'est révélée erronée — elle concernait une espèce végétale sans rapport. Le terme est donc utilisé dans son acception financière courante telle qu'elle figure dans l'étude de Science, sans qu'une définition indépendante ait pu être confirmée. Les conditions pratiques et politiques d'un remplissage de la mer d'Aral ne sont pas abordées dans les faits disponibles.
La mer d'Aral était autrefois le quatrième plus grand lac du monde, situé entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan. Elle a commencé à s'assécher au début des années 1960 quand l'Union soviétique a détourné ses deux principaux fleuves nourriciers pour irriguer des cultures de coton. Moins de 10 % de sa superficie originelle subsiste aujourd'hui.
Quand un lac disparaît, les sédiments du fond s'exposent à l'oxygène atmosphérique. Des micro-organismes dégradent la matière organique accumulée et libèrent du CO₂. Le lac cesse ainsi d'être un puits de carbone et devient une source d'émissions.
Les chercheurs proposent de quantifier les émissions de CO₂ que l'on éviterait en remplissant partiellement la mer d'Aral, puis de les convertir en crédits carbone vendables. Les recettes estimées, entre 3,1 et 15,8 milliards d'euros, serviraient à financer les travaux.
Oui. Le Grand Lac Salé et le Salton Sea aux États-Unis, le lac Urmia en Iran, le lac Tchad, le lac Poopó en Bolivie, la lagune Mar Chiquita en Argentine et le lac Rukwa en Tanzanie figurent parmi les plans d'eau en cours d'assèchement. Le nord de la mer Caspienne, une zone environ quatre fois plus grande que la mer d'Aral, est également menacé selon les chercheurs.