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Économie
Desk Économie · · Résumé 30 s · Article 5 min
Lancé début 2024, le Qualifizierungsgeld — aide fédérale allemande couvrant 60 % du salaire net d'un salarié en formation de reconversion — n'a bénéficié qu'à environ 350 personnes entre avril 2024 et décembre 2025. Les dépenses effectives ont été de 108 035 euros en 2024 et de 442 408 euros en 2025, alors que le budget annuel prévu dépassait 360 millions d'euros. Ces données, révélées par le Handelsblatt à partir d'une interpellation parlementaire des Verts, alimentent les critiques sur la complexité et l'inadéquation du dispositif.
Le Qualifizierungsgeld, aide fédérale qui couvre 60 % du salaire net d'un salarié durant sa formation de reconversion, n'a bénéficié qu'à environ 350 personnes entre avril 2024 et décembre 2025, selon le Handelsblatt. Ces chiffres proviennent de la réponse du ministère fédéral du Travail — dirigé par Bärbel Bas (SPD) — à une Kleine Anfrage des Verts, une procédure d'interpellation parlementaire écrite au Bundestag à laquelle le gouvernement fédéral est tenu de répondre.
Les dépenses effectives se sont élevées à 108 035 euros en 2024 et à 442 408 euros en 2025. Le budget annuel initialement prévu pour ce dispositif était de 360 millions d'euros, ramené à 200 millions pour 2024. En vingt mois, moins de 551 000 euros ont donc été mobilisés au total.
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Pour prétendre au Qualifizierungsgeld, une entreprise doit justifier qu'au moins 10 à 20 % de ses effectifs — selon sa taille — est affecté par le Strukturwandel, la mutation structurelle de l'économie. Elle doit également disposer d'une Betriebsvereinbarung, un accord écrit juridiquement contraignant conclu entre l'employeur et le conseil d'établissement, ou d'une convention collective de branche. Elle doit enfin garantir le maintien en poste des salariés concernés.
Le Zentralverband des Deutschen Handwerks (ZDH), organisation faîtière représentant environ un million d'entreprises artisanales en Allemagne, estime le dispositif « de facto non pertinent » pour les PME. La lourdeur des justifications requises et l'attractivité supérieure des aides générales à la formation expliquent selon lui ce désintérêt. Le ZDH suggère la suppression du Qualifizierungsgeld pour simplifier la palette des instruments disponibles.
Dans l'industrie, la réduction d'effectifs prévaut actuellement sur la reconversion interne. Cette tendance contrecarre la logique même du dispositif, qui présuppose que les entreprises ouvrent de nouveaux domaines d'activité pour leurs salariés existants plutôt que de les licencier.
Le Qualifizierungsgeld est issu de recommandations formulées en 2022 par le conseil consultatif du ministère fédéral de l'Économie, alors présidé par l'économiste Jens Südekum — aujourd'hui conseiller du ministre des Finances Lars Klingbeil (SPD). Ce conseil plaidait pour la création de nouveaux instruments de formation « on the job » afin d'accompagner la transformation structurelle de l'économie allemande.
L'Institut für Arbeitsmarkt- und Berufsforschung (IAB), institut fédéral de recherche sur le marché du travail et les métiers, estimait dès 2019 que plus d'un tiers des salariés soumis à cotisations sociales en Allemagne exerçaient un métier facilement automatisable. C'est ce contexte structurel qui a conduit à l'élaboration du dispositif.
ernüchternd
— Sylvia Rietenberg, députée chargée de la politique du marché du travail pour les Verts, qualifiant le bilan du Qualifizierungsgeld (« décevant »)
Rietenberg appelle à améliorer concrètement l'instrument. Le ministère du Travail, de son côté, ne voit pas de besoin d'action : il indique que l'effet concret du Qualifizierungsgeld sur la sécurisation de l'emploi « ne peut pas encore être évalué ».
L'impact réel du dispositif sur la sécurisation de l'emploi n'est pas encore évalué, selon le ministère du Travail. Les facteurs précis du faible recours — difficultés d'information des entreprises, lourdeur administrative ou inadéquation structurelle — ne font pas l'objet d'une analyse officielle publiée à ce stade.
C'est une aide introduite début 2024 par le ministère fédéral du Travail et la Bundesagentur für Arbeit, l'agence fédérale pour l'emploi. Elle couvre 60 % du salaire net d'un salarié pendant sa formation de reconversion, à condition que l'entreprise soit démontrablement affectée par la mutation structurelle et qu'elle garantisse le maintien en poste des salariés concernés.
Plusieurs facteurs convergent : conditions d'accès restrictives (accord d'établissement ou convention collective obligatoires, seuil d'effectifs affectés à justifier), lourdeur des démarches selon l'artisanat, et tendance de l'industrie à réduire ses effectifs plutôt qu'à reconvertir ses salariés — ce qui contrecarre la logique même du Qualifizierungsgeld.
La députée verte Sylvia Rietenberg appelle à améliorer concrètement l'instrument. Le ZDH (Zentralverband des Deutschen Handwerks, organisation faîtière de l'artisanat allemand) va plus loin et recommande sa suppression pour simplifier la palette des aides à la formation existantes.
Le ministère du Travail, dirigé par Bärbel Bas (SPD), ne voit pas de besoin d'action immédiate. Il estime que l'effet concret du Qualifizierungsgeld sur la sécurisation de l'emploi « ne peut pas encore être évalué ».
L'IAB estimait dès 2019 que plus d'un tiers des salariés cotisants en Allemagne exerçaient un métier facilement automatisable. Le Qualifizierungsgeld avait précisément vocation à accompagner ces travailleurs vers de nouveaux domaines d'activité, sans passer par le licenciement.