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Économie
Desk Économie · · Résumé 30 s · Article 5 min
Depuis le début de la guerre en Iran en février 2026, les chantiers navals mondiaux totalisent plus de 600 commandes de pétroliers — un niveau comparable uniquement au boom précédant la crise de 2008. La fermeture du détroit d'Ormuz a temporairement immobilisé 9 % de la flotte mondiale de supertankers et propulsé les taux d'affrètement à 424 000 dollars par jour. La capacité totale commandée atteint 72 millions de tonnes de port en lourd, dépassant de moitié le record de 2008. La Grèce représente 60 % des commandes mondiales en valeur ; les chantiers chinois en construisent 82 %.
Depuis le début de la guerre en Iran en février 2026, les carnets de commandes des chantiers navals mondiaux totalisent plus de 600 pétroliers, selon Veson Nautical — société spécialisée dans les données analytiques pour l'industrie maritime — et AXS Marine. Ce niveau n'avait été atteint qu'une seule fois depuis plusieurs décennies : dans les années précédant la crise financière de 2008.
Au premier semestre 2026, 261 nouvelles commandes de pétroliers bruts ont été passées, portant l'encours mondial à 72 millions de tonnes de port en lourd (DWT — mesure standardisée de la capacité de charge maximale d'un navire), soit 50 % de plus que le record de 2008.
Près des deux tiers de ces commandes portent sur des VLCC (Very Large Crude Carrier), des supertankers pétroliers de 200 000 à 400 000 tonnes. Trop grands pour les canaux de Suez ou de Panama, ils doivent contourner les grands caps pour relier les zones de production aux marchés consommateurs.
Le déclencheur direct est la fermeture du détroit d'Ormuz — voie stratégique du Golfe persique entre l'Iran et les Émirats arabes unis — qui a temporairement immobilisé près de 9 % de la flotte mondiale de supertankers. Les taux d'affrètement des VLCC ont atteint un pic de 424 000 dollars par jour, contre moins de 50 000 dollars avant le début du conflit.
Le dernier boom comparable remonte à la période 2003–2008, porté par la croissance de la demande pétrolière mondiale. Cet épisode s'était soldé par une surcapacité massive après la crise financière, entraînant des taux d'affrètement déprimés pendant une décennie entière. Fin 2023, l'encours mondial était tombé à un plancher de 80 commandes seulement.
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La Grèce représente environ 60 % du volume mondial de commandes de pétroliers, avec 39,89 milliards de dollars sur un total de 65,72 milliards, selon Veson Nautical. L'armateur grec Dynacom en est le principal acteur individuel, avec 36 pétroliers commandés depuis le début de 2026.
La Chine (9,52 Md$), Singapour (8,61 Md$), Hong Kong (5,13 Md$) et le Royaume-Uni (5,08 Md$) complètent le classement mondial des commanditaires.
Du côté de la construction, les chantiers navals chinois ont remporté 82 % de la capacité en pétroliers bruts commandée au premier semestre 2026, selon le Bimco (Baltic and International Maritime Council), la plus grande association internationale de l'industrie maritime.
L'un des principaux bénéficiaires est Hengli Heavy Industries, chantier naval basé à Dalian, en Chine. Fondé en 2023 à partir des actifs de la faillite de STX Dalian, il est désormais le troisième plus grand constructeur naval mondial, coté à la Bourse de Shanghai, et totalise 207 commandes en portefeuille. La semaine précédant le 14 juillet 2026, il a annoncé une hausse de 456 % de son bénéfice semestriel par rapport à l'année précédente, dépassant les attentes des analystes.
Pour la première fois depuis plusieurs décennies, un VLCC d'occasion d'environ cinq ans se négocie plus cher qu'un navire neuf : 172 millions de dollars contre environ 132 millions. Les armateurs paient cette prime pour obtenir une disponibilité immédiate, les carnets de commandes des chantiers étant saturés.
La durée du conflit en Iran et l'évolution des tensions au Golfe persique conditionnent directement la demande. Les délais de livraison des 600 navires commandés — et la capacité des chantiers à les absorber sans allongement des plannings — ne sont pas précisés dans les données disponibles.
À titre de comparaison, le boom de 2003–2008 s'était soldé par une surcapacité massive, déprimant les taux d'affrètement pendant dix ans. L'encours actuel de 72 millions de DWT dépasse déjà de moitié le niveau maximal atteint lors de ce cycle.
Un VLCC (Very Large Crude Carrier) est un supertanker pétrolier d'une capacité de 200 000 à 400 000 tonnes de port en lourd (DWT). Ces navires, trop grands pour les canaux de Suez ou de Panama, transportent du pétrole brut sur les grandes routes intercontinentales.
La guerre en Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz ont créé une pénurie de capacité de transport maritime, propulsant les taux d'affrètement à des niveaux record. Les armateurs cherchent à sécuriser des navires pour répondre à une demande qu'ils anticipent comme durable.
Les carnets de commandes des chantiers navals étant saturés, les délais de livraison sont longs. Un VLCC d'occasion d'environ cinq ans est disponible immédiatement : les armateurs paient une prime qui porte son prix à 172 millions de dollars, contre environ 132 millions pour un navire commandé aujourd'hui.
Le précédent de 2003–2008 illustre le danger : une vague massive de commandes avait mené à une surcapacité durable après la crise financière, avec des taux d'affrètement déprimés pendant dix ans. L'encours actuel de 72 millions de DWT dépasse déjà de 50 % le record de l'époque.
Les chantiers navals chinois ont remporté 82 % de la capacité commandée au premier semestre 2026. Hengli Heavy Industries, basé à Dalian et né en 2023 des actifs de la faillite de STX Dalian, est l'un des premiers bénéficiaires, avec 207 commandes en portefeuille et un bénéfice semestriel en hausse de 456 %.