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Économie
Desk Économie · · Résumé 30 s · Article 4 min
L'Union européenne restructure sa politique sidérurgique pour cibler désormais la demande d'acier vert, et non plus seulement l'offre. Début juillet 2026, de nouvelles mesures commerciales ont restreint les importations d'acier vers l'UE. La Commission européenne prépare un « Industrial Accelerator Act » qui obligerait les bénéficiaires de fonds publics à intégrer des matériaux pauvres en CO₂ dans leurs constructions. Selon une analyse du cabinet BCG transmise en exclusivité au Handelsblatt le 14 juillet 2026, ce dispositif pourrait générer environ 9 millions de tonnes supplémentaires de demande d'acier vert par an à partir de 2029.
L'Union européenne a mis en place début juillet 2026 de nouvelles mesures commerciales restreignant plus strictement les importations de certains produits sidérurgiques. Ce resserrement vise à freiner la montée de la part des importations dans un contexte de recul de la demande intérieure en Europe.
En parallèle, la Commission européenne prépare un projet législatif appelé « Industrial Accelerator Act » (IAA), qui obligerait les bénéficiaires de fonds publics dans la construction d'infrastructures, d'installations industrielles ou de bâtiments à intégrer une part déterminée de matériaux pauvres en CO₂.
Selon les calculs du cabinet BCG, transmis en exclusivité au Handelsblatt le 14 juillet 2026, l'IAA pourrait générer à partir de 2029 une demande supplémentaire d'environ 9 millions de tonnes par an d'acier pauvre en CO₂, portée par les marchés publics et les aides à l'investissement privé.
L'industrie automobile est également ciblée. L'UE envisage d'imposer des objectifs climatiques plus stricts aux constructeurs, assortis d'amendes en cas de non-respect. BCG calcule que ces pénalités potentielles rendraient économiquement rationnel l'absorption d'un surcoût de plusieurs centaines d'euros par tonne d'acier vert.
Jusqu'à mi-2026, la politique européenne de soutien à la sidérurgie s'était concentrée sur le financement de la transformation de la production — subventions et aides d'État pour la décarbonation — sans mécanisme contraignant visant explicitement la demande d'acier vert.
C'est la première fois que l'UE fixe délibérément des impulsions de demande pour l'acier vert
— Nicole Voigt, associée chez BCG
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Thyssenkrupp Steel et Salzgitter AG ont engagé des investissements de plusieurs milliards d'euros dans des installations de réduction directe (DRI) — procédés industriels utilisant l'hydrogène comme agent réducteur à la place du charbon cokéfiant, permettant de produire du fer à partir de minerai sans recourir aux hauts fourneaux traditionnels.
La Wirtschaftsvereinigung Stahl salue les nouvelles mesures de protection commerciale entrées en vigueur en juillet 2026 comme facteur de rééquilibrage face aux importations. Elle voit dans l'IAA un levier pour créer un marché pilote pour l'acier à faibles émissions, sous réserve que le critère « Made in EU » soit retenu.
La même organisation réclame des améliorations du CBAM, notamment sur le volet compensation à l'export et la protection contre les stratégies de contournement.
Au sein du secteur, les positions divergent sur l'ETS — le système européen d'échange de quotas d'émission de CO₂ : certaines entreprises plaident pour ralentir la suppression progressive des certificats CO₂ gratuits, tandis que d'autres réclament davantage de sécurité de planification.
L'« Industrial Accelerator Act » n'est pas encore adopté : son calendrier d'entrée en vigueur et ses modalités exactes restent à définir. Le débat sur le rythme de suppression des certificats CO₂ gratuits dans l'ETS n'est pas tranché au sein du secteur sidérurgique européen. Par ailleurs, aucune définition institutionnelle vérifiée de la Wirtschaftsvereinigung Stahl n'est disponible dans les sources consultées pour cet article.
C'est un projet législatif de la Commission européenne qui obligerait les bénéficiaires de fonds publics dans la construction d'infrastructures, d'installations industrielles ou de bâtiments à intégrer une part déterminée de matériaux pauvres en CO₂. BCG estime que cette mesure pourrait générer environ 9 millions de tonnes par an de demande supplémentaire d'acier vert à partir de 2029.
Jusqu'à mi-2026, la politique européenne s'était concentrée sur le financement de la transformation de la production sans cibler la demande. Ce virage constitue une première dans l'histoire de la politique européenne de l'acier, selon Nicole Voigt de BCG.
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM), adopté en décembre 2022, est un droit de douane environnemental européen qui impose un prix du carbone sur les produits à forte empreinte importés dans l'UE. L'industrie sidérurgique réclame des améliorations, notamment sur la compensation à l'export et la protection contre les stratégies de contournement.
L'UE envisage des objectifs climatiques plus stricts pour le secteur automobile, assortis d'amendes en cas de non-respect. BCG calcule que ces pénalités potentielles rendraient économiquement rationnel l'absorption d'un surcoût de plusieurs centaines d'euros par tonne d'acier vert.
Thyssenkrupp Steel et Salzgitter AG investissent des milliards dans des installations de réduction directe utilisant l'hydrogène en remplacement du charbon. Des désaccords persistent dans le secteur sur le rythme de suppression des certificats CO₂ gratuits dans le marché européen du carbone (ETS).